Interview de Marion de THEM (Partie 1)

 

Nous avons eu la chance de nous asseoir avec Marion du projet THEM, dont le premier pop-up store s’est tenu le week-end du 26-27 mai sur Paris.

[Pop-up Store : un pop-up store est un magasin éphémère

de petite surface qui se monte très rapidement grâce

à l’utilisation d’une structure légère et spécialement pensée]

 

Les débuts du projet

 

My Craft Curator: Bonjour Marion, nous sommes ravies de faire ta connaissance à My Craft Curator, peux-tu nous en dire plus sur toi, ta passion, ta formation: quel a été le déclic de ta passion pour l’artisanat?

 

Marion de THEM: C’est un voyage en Colombie qui m’a permis d’avoir un déclic. Je suis partie faire un trek dans la jungle de la Sierra Nevada colombienne où j’ai rencontré des autochtones. J’ai constaté que leur vie très saine avait beaucoup d’impact sur leur quotidien, leur santé, leur beauté etc. Je me suis beaucoup remise en question quand je suis rentrée en France j’ai décidé de changer un petit peu mon mode de consommation.

Ce projet je l’avais en tête depuis  pas mal de temps et je me suis dit que ça pouvait être un moyen de leur rendre hommage en achetant leurs créations et en les revendant, parce qu’en achetant leurs créations  ça permet aussi de préserver tout leur patrimoine culturel.

L’idée de ce projet est de proposer le meilleur de l’artisanat, des routes inexplorées, parce que je m’aventure dans des pays qui ne sont pas vraiment exploité, par exemple la Colombie le Kenya le Mali. A côté de ça je propose aussi une sélection de tapis berbères  qui est un produit hyper recherché en ce moment en France, notamment à Paris, et qui n’est pas forcément abordable pour tout le monde. Ce n’est pas vraiment justifié.

Quand je suis allée en Colombie, c’était juste comme ça pour des vacances et je me suis rendu compte qu’il y avait une richesse artisanale très forte avec des objets que l’on ne voit pas beaucoup en France ou très très peu. Quand j’ai décidé de lancer ce projet, 1 an et demi après, je me suis dit que le premier pays où je voulais retourner ça serait la Colombie. Pour rencontrer des artisans et revendre leurs créations. C’est ce que j’ai fait. Un quart des créations que je propose sont des créations de Colombie.

Ensuite je suis allée en Italie, sur la côte amalfitaine où il y a énormément de céramiques très colorées, très jolie. J’ai rencontré un céramiste, ça a été comme un deuxième déclic. C’est quand même assez facile de rencontrer des artisans et en leur parlant du projet ils avaient très envie d’en faire partie. Ceci m’a renforcé dans mon idée de lancer ce projet.

 

My Craft Curator: Quelle est ta formation ?

 

Marion de THEM: J’ai fait une formation dans le marketing et communication. Après j’ai travaillé pendant 5 ans dans le marketing produits, c’était quand même très créatif. En parallèle je me suis toujours beaucoup cultivée créativement parlant, cela m’aide aussi pas mal aujourd’hui.

Je suis issue d’une famille d’artisan: mon père est menuisier. J’ai toujours un peu baigné là-dedans et ça m’a toujours passionné. Ça a été assez naturel. J’ai toujours su que je ne travaillerai pas très très longtemps pour un patron mais souvent les idées de projets me ressemblaient pas vraiment. J’avais des idées de start up technologiques, c’était peut-être des bonnes idées, mais ça ne m’aurait pas vraiment épanouie. Quand j’ai pensé à ce projet, je me suis dit que je pouvais le maîtriser à 100% et que je n’avais pas besoin d’autres personnes pour me lancer. C’est beaucoup plus facile en termes de coûts: par exemple je n’ai pas besoin de payer un graphiste, je fais tout moi-même.

Je me suis dit que je n’avais rien à perdre.

 

Les produits THEM et leurs cultures

 

My Craft Curator: Comment as-tu appris à connaître les produits que tu proposes (histoire, processus de fabrication…) ?

 

Marion de THEM: Cela dépend du pays et du contexte. En Italie, j’ai rencontré les artisans par hasard.

En Colombie je partais pour 1 mois j’ai donc préparé mon voyage. J’ai essayé de rechercher des artisans, chose un peu plus compliquée. Ils n’ont pas Facebook, pas de site internet, à peine une adresse email. J’ai dû passer par des associations ou des ambassades pour me mettre en relation. Quand je suis arrivée sur place j’avais déjà un petit parcours. Une fois sur place il faut aussi se laisser aller et s’adapter au rythme. Je savais ce que je voulais pour la Colombie. Par exemple il y a les paniers en palme d’Iraca, le tressage avec cette palme est très très précis. On peut faire des formes incroyables, comme dessiner des fleurs. On ne voyait pas du tout ce genre d’article en France. J’avais donc en tête de trouver un artisan expert en cette palme. J’ai fait des recherches en amont pour le trouver. Je ne voulais pas rentrer sans.

J’ai ensuite passé des commandes aux artisans qui m’ont envoyé les produits. Les ramener en deuxième bagage en soute n’était pas une bonne solution.

Les artisans n’ont pas toujours beaucoup de stock. Leur but étant de produire et de vendre. Tout prend plus de temps à fabriquer. Un panier en palme d’Iraca met 2 semaines à être créés. La famille d’artisans où je suis allée ils étaient 3 à tresser.

Au Maroc je me suis renseignée avant de partir et j’ai fait les bonnes rencontres qui m’ont fait rencontrer des gens.  J’ai réussi à trouver ce que je voulais: les tapis, les coussins, les plaids et un peu de rafia.

Mon but à chaque fois partout où que je vais c’est de travailler directement avec l’artisan et de pouvoir supprimer tous les intermédiaires, que les boutiques ont en France pour proposer les prix les plus justes aux clients.

C’est vrai que la plupart des boutiques achètent des objets, mais ce ne sont pas les artisans qui touchent le plus d’argent. Il y a au moins 2 ou 3 intermédiaires avant, ce qui fait gonfler le prix.

Par exemple sur un tapis berbère vendu 1000 € à Paris, l’artisan va toucher 10% alors qu’il a travaillé 1 mois sur l’objet. Ce n’est pas très juste, par ce qu’en allant acheter directement chez l’artisan, l’artisan touche la même somme, je me fais moins de marge et le client final achète l’objet à sa juste valeur. Quand un produit coûte 100 € je ne trouve pas cela normal de le vendre 1000, ce n’est pas son juste prix.

Un autre exemple, je vais proposer des banquettes/canapés. C’est également un produit recherché qui est toujours beaucoup plus cher que les canapés. Ce n’est pas vraiment justifié, car il y a moins de travail que sur un canapé. C’est juste parce que c’est un produit à la mode, il est vendu 1000-1500 €. Pour ce produit je suis allée rencontrer un artisan français du Sud de la France, c’est le seul artisan français que je vais proposer dans mes pop-up store, mais c’était plus facile à transporter. Je vais donc proposer la banquette en bois faite à la main en France et de la mousse qui pourra être recouverte d’un tissu berbère. Les clients auront une banquette pour moins de 1000 € entièrement personnalisés.

 

My Craft Curator: Peux-tu remettre les objets dans leur contexte culturel (usage traditionnel, histoire de l’objet, symboles, motifs, etc.) ?

 

Marion de THEM: L’histoire du produit est toujours racontée dès que je peux le faire: sur les réseaux sociaux, dans le pop-up store chaque produit sera étiqueté avec son histoire, et je la raconterai au client qui s’intéresseront à un objet en particulier.

L’idée c’est que les objets soient les stars. Ils sont trop souvent oubliés, je trouve cela très dommage, parce que lorsqu’on a un objet qui a une histoire autant la racontée, c’est plutôt passionnant.

Ce qui me tient à cœur dans ce projet c’est de mettre les artisans en avant et que ce soient les seules stars de THEM, d’où le nom qui représente les artisans.

Un exemple d’objet à usage traditionnel: je vais vendre des paniers tressés par des autochtones brésiliens. Ils ont des petits trous et les autochtones s’en servent pour pêcher, l’eau s’évacue par les trous et les petits poissons restent.

Il y a aussi des petites statuettes en bois, qui sont faite par une tribu de la région de Chocó en Colombie. Cette tribu croit au pouvoir de protection des statuettes contre les mauvais esprits.

 

Partie 2 à venir

 

A très vite,

 

My Craft Curator

 

 

Retrouvez le projet de Marion, ses prochains pop-up store et toute son actualité :

Site internet: http://www.them.fr/

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